Vendredi 29 février 2008 à 14:38




     c'est comme si le temps s'était arrêté pendant deux heures. j'aime aller au cinéma, je suis calme, je vis au rythme de la vie des personnages. je suis hors du temps pendant quelques heures. parfois je me retourne, j'aime voir le visage des spectateurs, éclairé par la lumière du film en projection. le regard ébahi, parfois triste, ou bien les yeux remplis de sérénité, j'aime les observer, personne ne sait que je regarde, et c'est un beau spectacle, parfois presque autant que le film. mais celui que j'ai été voir hier soir, c'était une sensation encore jamais ressentie. un nuage, un flottement, du coton dans lequel on baigne pendant deux heures. pleins d'histoires, qui s'emmêlent, cela devient un gros sac de nœuds, mais un joli sac, un bel ensemble. lau près de moi, elle savait, elle pensait déjà à moi durant le film. c'est fou comme quelqu'un peu nous connaître et savoir ce qu'il y a dans un endroit, quelque part perdu dans notre cœur, une petite faille qui ne fait jamais de bruit. mais quand je vois ce film, la faille devient un vrai précipice, ça s'ouvre en grand, et je ne peux m'empêcher de me poser les mêmes questions sur lui. c'est fou comme un film peu nous renvoyer à notre réalité.


Jeudi 28 février 2008 à 2:42



         Je ne me lasse pas, j'entends les violons pleurer, je parle de musique classique avec un mordu qui me dit que dans Schumann tout est bon comme dans le cochon. Je ne me lasse pas, j'entends le piano qui m'endort, le piano qui me gronde, le piano qui me fait vibrer, le piano qui me fait frissonner. Je ne me lasse pas de ces photos avec lesquelles je joue, les couleurs, les contrastes, les contours. Je ne me lasse pas, ces rues étroites, ces grands boulevards. J'avance, parfois la tête baissée, lorsqu'il fait gris. Plutôt le nez bien haut quand le soleil brille. J'entends le violoncelle s'égosiller sur son prélude, et le piano de Bach, si mécanique, qui roule, tape, joue sur les touches, ralentie, pour repartir dans sa course sans rythme, tantôt rapide, tantôt aussi lente qu'une tortue. La main gauche ne se fait pas tant entendre, elle reste docile derrière la main droite, à faire l'accompagnement, elle décide de temps en temps de prendre le dessus et de jouer plus fort que l'autre: elle a le thème. J'aime Bach, comme si il y avait un petit moteur dans mes mains, c'est la mécanique de Bach.


       Un jour, j'aurais aimé aller sonner chez Schubert, lui rendre visite. Les compositeurs étaient sans doute les meilleurs interprétes de  leurs œuvres. Pouvez vous me jouer l'impromptu D.899? Ses doigts, le long des touches blanches et noires, remontant toujours, frénétiquement, comme de petite vagues allant et venant sur le rebord de la plage, s'échouant sur le sable. La main droite a deux rôles. Elle accompagne et joue. Là, puissante, la main gauche me fait frissonner, elle remonte, gronde la droite. Ce chant est mélancolique, triste et langoureux. Mais il est riche d'espoir, lorsqu'il touche aux hautes notes logeant en haut du clavier. L'orage sévit, la petite pluie tombe, la main gauche, la foudre, tout est si calme et pourtant si nerveux, tout gronde, tout pleure, tout se calme. C'est l'apaisement. J'aime cette musique, pleine de contrastes, d'échauffements de voix, de pertes d'altitude dans les montagnes de la musique, et de remonter fulgurante aux sommets des plus hauts pics des Alpes.


      Chopin, c'est à la fois douceur et souffrance, l'aigreur du vinaigre, la légèreté d'un chant d'oiseau au début du printemps. Chopin c'est une musique d'amoureux dont on ne se lasse pas, dont je ne me lasse pas. Jamais sans les Nocturnes, jamais sans les valses... Liszt, c'est la fougue. Liszt c'est la vivacité, la virtuosité, la rapidité, c'est un chant furtif qui me cloue l'oreille d'un bout à l'autre de sa Campanella, qui me scotch à mon siège de velours rouge en écoutant ses funérailles. Liszt, c'est la perfection, rien ne doit dépasser, Liszt, ce doit être comme un enfant propre, avec des vêtements repassés et un cartable tout neuf, rempli de cahiers blancs prêts pour la rentrée au CP. Beethoven, c'est l'arrogance. C'est celui qui a le toupet de venir m'arracher du bout des doigts un sforzando à la main gauche, alors que je suis déjà en forte à droite. Beethoven, c'est celui qui me vole quelques larmes avec son Clair de Lune, et qui me fait enrager avec sa sonate Appasionata. Que ferais je sans musique? C'est un hymne à la vie. Sans musique, je ne suis rien.   

      





Mercredi 27 février 2008 à 2:58






C'est toujours bien les bains de minuit dans la douche avec de la musique. On pense à pleins de choses. Qu'est ce que je vais faire demain? A quelle heure je vais me lever? Comment je vais m'habiller? Où vais-je photographier? Est ce que je prends mon trépied? C'est où les buttes Chaumont?  Je vais photographier quoi demain? Demain soir, je devais aller à Fontainebleau en voiture avec Tiphaine pour espionner les apprentis pompiers mais en fait non. J'aurais bien aimé voir ce que c'est qu'un pompier dans un bar, à ce qu'il parait il drague les filles et il lance des défis à ses copains les autres apprentis pompiers. Ils acceptent pour prouver qu'ils sont des hommes. C'est drôle un garçon, ça a toujours besoin de prouver que c'en est un. C'est un peu bête, il lui suffit de se pencher en avant, et de regarder si il a bien quelque chose entre les jambes pour être sûre qu'il est un homme. Mais il n'y croit pas, alors il fait des choses un peu débiles pour se dire ahah je suis un mâle, un vrai dur de dur. Mais malgré tout, heureusement qu'ils sont là les garçons. Qui écraserait les araignées quand j'ai peur? Qui remettrait les fusibles quand il fait tout noir à la maison? Qui réparerait la plomberie? Qui emmènerait ma voiture chez le garagiste? Qui aimerais-je?



Mardi 26 février 2008 à 1:37






Marion Cotillard a gagné un Oscar.
En ce moment, je me sens comme dans une barque en plein milieu de l'océan, coincée entre
les vagues, le vent, et l'horizon. Plus rien n'a de fin, je ne vois que de l'eau. Un lac sans bord.

'Ce récit appartient au XXème siècle.
        En ce temps là, pour qui voulait téléphoner dans la rue,
        il fallait quelques pièces de monnaie frappées en francs
       ou une carte à introduire dans l'appareil d'une cabine. On
       pouvait aussi choisir d'entrer dans un café et demander
       un jeton. En ce temps-là encore, c'est seulement par la
       poste, selon le bon vouloir du facteur, et en l'absence
       d'intempéries, qu'on recevait du courrier.
Toutes ces heures passées à la respirer, à lire sa peau en braille.
Je révisai ma géographie, les minuscules taches rouges d'un sein, la Corse et la Sardaigne.
J'ai faim de musique!
"Tu reviendras demain?" Mon instinct disait non. Ma bouche disait oui. Mon cœur disait oui. Mon ventre disait oui. Mes mains, ma peau, tout répondait oui oui oui.
J'étais une touche supplémentaire de son piano, une note très personnelle.
"La distance est la protection dérisoire des êtres qui se déchirent en s'aimant."
Chapitre 32: Un matin rue Budé, je décidai que je n'irai plus là bas. Je restai dans mon lit. Il n'y avait rien à manger. Vers midi, je m'assis sur le tabouret de la cuisine et cassais de vieilles noix contre la vitre, comme Charles Branson dans Le passager de la pluie.'
En fait, je me sens comme Gilles Hector, perdu au milieu des photos d'actrices de son père, cherchant désespérément sa mère. Moi je recherche quelque chose, sans vraiment savoir quoi. Je vogue là, dans ma petite barque en bois, au milieu de nul part. Parfois je prends l'eau, quand il y a une tempête, ça hurle fort et là c'est la grosse inondation, alors les gens qui ont l'œil m'envoient le gilet de sauvetage pour ne pas que je me noie. C'est gentil de me trainer à la surface.


Lundi 25 février 2008 à 17:19





Dans une petite semaine, c'est la mer, le vent, la pluie, la plage, le sable qui colle entre les doigts de pieds. ça serait bien si  Carole pouvait jouer de la guitare sur la plage comme Thomas mais quand il
y a du vent, c'est plutôt gênant, ça rentre dans la guitare. J'aime la mer, ça sent le sel, et j'aime
sentir l'air marin, écouter les vagues qui s'abandonnent sur la jetée, je m'abandonnerai sur la jetée.
Peut être m'emportera-t-elle? J'ai lu Tintin et le Temple du soleil ce matin, j'aimerai revoir le dessin
animé, Tintin arrivait toujours à résoudre les enquêtes. Il marche toujours pendant des heures et
des jours, sans être jamais malade, alors que le capitaine Haddock se fait piquer par des moustiques,
qu'il tombe dans un marécage. C'est fou, dans le B.D ils n'attrapent jamais le paludisme. J'espère
que les lamas ne me cracheront pas dessus, en Bolivie.

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